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Publié par Pauline Lisowski

Disaster-the end of days, une exposition visionnaire à la galerie  Ropac, Pantin (93)

Pour cette seconde exposition, la galerie Ropac de Pantin est transformée en un lieu d’œuvres où désastres et apocalypses possibles sont mis en scène. Disaster, le titre de l'exposition annonce le programme : un événement négatif, de catastrophe, de déclin et de destruction s'est produit, peut se produire, nous racontent les artistes au travers de leurs travaux. L'idée de fin du monde conserve son pouvoir de fascination chez les artistes contemporains. Ainsi, on peut comprendre la perception actuelle du désastre chez des artistes venant d'horizons géographiques et artistiques très divers. L'exposition regroupe des photographies, des peintures, des vidéos et des installations disposées de façon à nous surprendre. Certaines œuvres apparaissent à nos yeux de façon spectaculaire, d'autres dialoguent ensemble.

A l'entrée, on découvre les bustes liquéfiés de Barry x Ball. Ceux-ci traduisent un désordre individuel, psychologique. Deux artistes ont réinterprété des scènes religieuses : Zhang Huan a recréé la scène "La trahison de Judas" à partir de cendres sur toile. Liza Lou elle, a sculpté Adam et Eve expulsés du paradis. Leur nouvelle statuaire évoque des individus apeurés et épuisés. Dans une des grandes salles, l'installation de miroirs brisés de Banks Violette évoque littéralement la destruction et l'autodestruction. Celle-ci ira même jusqu'à se briser, se casser et finalement se détruire au cours de l'exposition. D'autres artistes ont étendu le thème aux problématiques politico-historiques. Des artistes ont représenté des portraits de dictateurs : Yan Pei-Ming n'a pas hésité à peindre le cadavre de Kadhafi. Les œuvres de Georg Baselitz et d'Anselm Kiefer rappellent les tragédies de l'histoire européenne et allemande du xxe siècle. L'artiste Ghazel, lui porte plus un regard sur le futur en Iran : ses trois cartes d'Iran sont marquées de rouge et peuvent suggérer un événement désastreux planétaire.

Dans la dernière salle, L’œuvre monumentale de Philippe Bradshaw relate l'épisode du Radeau de la Méduse. L'artiste cite à la fois le tableau romantique de Géricault et le naufrage de 1816. Disposée face à l'entrée de la salle, l'installation nous apparait comme un décor de théâtre. L'artiste Nate Lowman propose un travail où des événements plus actuels sont juxtaposés ensemble. L'installation de lettres gisant au sol et épelant le nom "Icarus", de Jack Pierson peut se lire comme une réinterprétation contemporaine des scènes mythologiques où les lettres réalisées en matériaux pauvres de récupération témoignent également d'une destruction de la matière.

Les peintures de Dexter Dalwood, de Jules de Balincourt et de Daniel Richter mettent en scène un paysage étrange aux couleurs à la fois vives et sombres, sorte d'inquiétante étrangeté où on ne sait ce qui s'est passé ou ce qui va se produire.

Cette exposition collective réunie 28 artistes qui montrent leur propre vision du désastre. Certaines œuvres sont parfois difficiles à interpréter, voire à regarder tant ce qu'elles évoquent est dur. D'autres sont d'un aspect qui tend à faire oublier le désastre suggéré.

Disaster-The End of Days, à découvrir jusqu'au 29 juin

à la galerie Ropac, Pantin (93)

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