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Publié par Pauline Lisowski

Plus que quelques jours pour découvrir l'exposition VOICI PARIS, qui regroupe un grand ensemble de photographies des années 1920-1950. Cette exposition a pu voir le jour grâce à Christian Bouqueret. Celui-ci dévoile sa collection dans une exposition exceptionnelle qui présente 300 tirages. Elle permet de présenter l'activité photographique en France au moment où la création est en pleine effervescence. Organisée en 5 sections, l'exposition permet de dévoiler les grandes tendances et mouvements de la photographie à cette époque : les inventions formelles de la Nouvelle vision, l'oeil halluciné du surréalisme, une veine documentaire attentive aux réalités sociales, une autre qui s'est inscrite dans l'essor de la presse et du livre et une résurgence néoclassique. Ces mouvances participent toutes de la vision moderniste de l'époque. Les photographes apportent à la fois un regard sur leur temps, sur la modernité qui se dessine à leur époque et sur leur médium.

9782844265845.jpgLa section "L'oeil nouveau" met en évidence un nouveau principe des photographes : la photographie a ses propres spécificités par rapport aux autres médiums. Ainsi, les photographes se sont intéressés à des signes de la modernité comme l'automobile la machine, l'architecture de fer et de verre. Ces sujets leur ont permis d'affirmer une écriture graphique faite de lignes et de formes et qui touche vers l'abstraction. La Tour Eiffel fut le sujet de Germaine Krull et de François Kolar. Le mouvement a intéressé aussi les photographes comme Yvonne Chevalier et Maurice Tabard. A l'opposé, dans les années 30, les événements politiques ont poussé les photographes à s'intéresser aux français au travail. Les photographies sont deviennues à cette époque des éléments décrivant la vie sociale. André Papillon montre la misère, Aurel Bauch le travail à la mine et Cartier-Bresson dévoile un regard sensible sur la réalité sociale. L'exposition dévoile également une grande part de la photographie liée à la presse et à l'édition. Les photomontages sont utilisés pour la publicité et les photographes ont exploré un nouveau rapport du texte à l'image. D'un autre côté, la photographie fut aussi mise au service d'expérimentations. Les surréalistes comme Man Ray, Raoul Ubac, Boiffard se sont emparés de ce médium en exporant les techniques du photogramme, de la solarisation, du brûlage ou du montage. Ils se sont intéressés aux formes parfois abstraites qui naissent grâce à celles-ci. La dernière section montre comment la modernité fut marquée par un retour à l'ordre. Les photographes ont, sutout dans les années1930, privilégié un retour à des sujets traditionnels liés à l'histoire de l'art : le nu, la nature morte, le drapé et le portrait. On peut remarquer les compositions minimaliste de Emmanuel Souchez qui présentent des natures mortes à partir de linges pliés.

Cette exposition installée dans la collection permanente du musée permet de révéler une collection très riche. Elle met en évidence les différentes facettes de la modernité en photographie. Présentée dans cinq sections bien disctinctes, elle met en évidence des regards photographiques très différents parfois en opposition.

Une exposition à découvrir jusqu'au 14 janvier

au Centre Pompidou, Paris

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