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Publié par Pauline Lisowski

Avec l'exposition rétrospective de Julio Le Parc, le Palais de Tokyo se trouve plongé dans des atmosphères lumineuses et hallucinantes de mouvement optique. Julio Le Parc est connu pour être le précurseur de l'Op art et de l'art cinétique. Il l'est aussi par son engagement politique. Ses œuvres pénétrables nous entrainent dans des espaces qui jouent sur nos sens, qui se transforment au grès de nos déplacement. Nous confrontons notre relation à l'espace intérieur et extérieur et notre corps réagit aux effets visuels que proposent les œuvres. Notre expérience est rythmée d'immersion dans un pénétrable à des pauses plus contemplatives de peintures ou de grandes projections d'œuvres en mouvement. Cette exposition marque la première monographie en France de l'artiste. Certaines œuvres ont d'ailleurs été mises à l'échelle de l'espace d'exposition. D'autres révèlent plus le caractère visionnaire de l'artiste

L'entrée de l'exposition se fait par une installation conçue à l'aide de miroirs. Nous commençons à perdre le sens de l'espace, nous découvrons par nos sens et notre déplacement l'univers lumineux et dynamique de Julio Le Parc. Une fois sortis du labyrinthe, nous pouvons commencer la découverte du processus de recherche de l'artiste, à partir de la forme et de son mouvement dans la toile. Les peintures cinétiques mettent nos yeux en mouvement. Julio Le Parc réussit à troubler notre vision avec un travail sur la forme et le noir et blanc. D'autres pièces sont à la fois de volume et de dessin et laissent apparaître du mouvement. La suite du parcours se fait dans la pénombre. Une installation lumineuse et délicate en mouvement nous fait ressentir une poésie, une petite histoire du déplacement léger de petits éléments géométriques. Dans une grande salle, dans le noir, nous sommes face à de multiples œuvres, expérience de la lumière en mouvement. Notre regard peut être hypnotisé par la lumière qui fluctue dans l'espace et qui dessine des lignes, des formes en perpétuel mouvement. Une autre installation pénétrable nous fait ensuite passer dans un autre univers. Celle-ci est plus aérienne, conçue à partir de rideaux blancs qui vibrent et font vibrer nos corps. Une fois sortie, nous sommes face à d'immenses pièces murales où les formes lumineuses se transforment en continue. Face à certaines pièces, on se demande comment le mouvement lumineux et coloré est produit. La force de ce travail se situe aux confins de notre position statique et de notre mouvement du regard.

Après avoir traversé les espaces de lumière et de mouvement et fait chavirer notre regard face aux œuvres cinétiques, nous pouvons faire l'expérience de la couleur et du mouvement. Une installation suspendue, monumentale rouge introduit plusieurs peintures pour lesquelles l'artiste explore les jeux de couleurs, leur relation de façon à créer des vibrations optiques. Une immense peinture couvre plusieurs murs et nous suivons les bandes colorées en nous déplaçant. Face à ce cheminement coloré, une salle nous propose une expérience de la couleur : 6 toiles recouvrent comme les faces du cube formé par la salle. Elles représentent des sortes de cibles à base de bandes colorées qui là aussi jouent sur la vibration des interstices entre deux couleurs.

Pour clore l'exposition, dans une salle sont présentées plusieurs œuvres à expérimenter. On peut faire l'expérience du mouvement de celles-ci de manière encore plus physique.

L'exposition de Julio Le Parc est un véritable plaidoyer pour la liberté d'une expérience sensorielle. Elle révèle une volonté de faire de l'œuvre une véritable proposition spatiale pour développer le mouvement, le flux et les vibrations du corps.

Une exposition à expérimenter absolument jusqu'au 13 mai

au Palais de Tokyo, Paris

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