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Publié par Pauline Lisowski

ci-contre-001-2.1.jpgPlus que quelques jours pour découvrir les photographies de Moï Wer, artiste d'origine lituanienne. A la Fondation Henri Cartier Bresson sont présentées l'ensemble des photos issues de l'ouvrage CI-CONTRE, entrepris en 1931. Moï Wer a une histoire particulière, encore difficile à cerner, mais dans ses photograhies, on peut ressentir l'influence de l'enseignement qu'il a reçu au Bauhaus, entre autre de Moholy-Nagy. C'est son intérêt pour les films d'Eisenstein et les montages de Heartfield qui l'oriente vers la photographie. Dans ses photographies, on sent une référence au constructivisme, un rapport à l'architecture et aux détails géométriques. Par un processus de surimpression, il réalise des compositions qui font naître le rêve et le fantastique. Les cadrages obliques et les points de vues mêlés par le jeu de surimpression font perdre tout rapport à l'espace. Un dialogue magique s'établie entre les différents négatifs. Sur certaines photographies, Moï Wer mêle l'architecture à la nature : immeubles et détails architecturaux se fondent avec les arbres ou éléments végétaux. Parfois, ce sont des jeux entre des personnages et des reflets. C'est un Paris en mouvement, en pleine révélotion, organique que Moï Wer a restitué dans son ouvrage.  Le dialogue qui s'effectue entre les photographies acollées dans l'ouvrage renforce un certain goût pour le rêve et l'imaginaire. La mise en page est dynamique. Moï Wer s'applique à établir des liens entre les photographies, qui suggèrent parfois comme une histoire ou un déplacement.

Son ouvrage Ci-CONTRE a pris naissance après une longue histoire. Au départ, en 1931, il a d"abord cherché un éditeur mais les bouleversements politiques et son départ pour la Palestine ont posé des problèmes quant à la publication de l'ouvrage. Ce n'est qu'en 1968 que les collectionneurs allemands, Ann et Jürgen Wilde, acquièrent la maquette et tentent de retrouver son auteur. Après deux ans, ils découvrent Moï Wer et établissent une correspondance. Finalement, c'est seulement en 2004 qu'ils acquièrent les droits d'auteur de l'ouvrage et publient un fac-similé de la maquette originale de Moï Wer.

Dans l'exposition, on peut aussi découvrir 51 épreuves qui constituent un album trouvé récemment : des photographies que Moï Wer réalisa lors d'un voyage en Pologne pour témoigner de la vie des communautés juives dans les fermes collectives.

Cette exposition met donc en lumière le travail avant-gardiste de cet artiste majeur, récemment découvert.

A voir absolument jusqu'au 23 décembre

à la Fondation Henri Cartier Bresson, Paris

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