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Publié par Pauline Lisowski

Marie Havel associe une esthétique de la ruine contemporaine à des fragments de jeux d’enfant. Ses œuvres convoquent la mémoire collective de sites marqués par des conflits et des souvenirs de moments de l’enfance. L’artiste conserve également ses chutes de travail et recrée ensuite des petites constructions. Des idées à l’abandon prennent alors racine.

Suite à sa résidence à la Cité Internationale des Arts de Paris, elle expose l’ensemble de ses œuvres à la galerie Jean-Louis Ramand. Le titre « Die and retry » fait appel à la réussite par l’échec, une pratique connue dans les jeux vidéo et évoque au mieux la démarche de la jeune artiste. Elle déploie ses dessins, ses sculptures et un tapis, des œuvres entre l’objet, les paysages, l’architecture…

Dans sa série de dessins Jumanji d’un trait délicat, dans un certain prolongement du courant Romantique, elle compose des mondes où la végétation foisonnante a repris ses droits. Ses dessins révèlent des phénomènes de bouleversement, des architectures fragilisées, instables. En prenant le temps d’observer ses œuvres sur papier, des éléments de jeux de société ou de construction apparaissent.

Au sol, un tapis de jeu présente des chemins déstructurés, des ruines d’un territoire dans des couleurs vives, en écho à l’univers de l’enfance.

Marie Havel lie le dessin et la maquette dans sa série des Flocages, inspirées des paysages troués par la guerre, en Picardie. En creux apparaissent des ruines de bâtiments et la végétation surgit en flocage coloré de modélisme, se développant sur ces architectures défensives, qui ont marqué des territoires.

Des seaux en plastique, à l’origine moules pour créer des châteaux de sable sur la plage, sont déformés, tels qu’ils auraient subi un choc. L’artiste poursuit ses expériences de métamorphoses d’objets liés au jeu pour mettre en évidence certaines pratiques de fabrication qui s’imposent fragiles d’elles-mêmes.

Ainsi, cette exposition nous invite à songer à la fois à l’enfant qui est encore en nous et aux paysages bouleversés par les événements de la Grande Histoire. L’artiste propose de nouvelles formes de ruines contemporaines, dans lesquelles des éléments cachés parmi les déconstructions créent un effet de trouble chez le spectateur.

Pauline Lisowski

Une exposition à voir absolument jusqu'au 27 février 2021 à la galerie Jean-Louis Ramand

 

 

Vue de l'exposition personnelle, "Die and Retry", Marie Havel, Galerie Jean-Louis Ramand, Paris, février 2021, crédit photo : Marie Havel

Vue de l'exposition personnelle, "Die and Retry", Marie Havel, Galerie Jean-Louis Ramand, Paris, février 2021, crédit photo : Marie Havel

Vue de l'exposition personnelle, "Die and Retry", Marie Havel, Galerie Jean-Louis Ramand, Paris, février 2021, crédit photo : Marie Havel

Vue de l'exposition personnelle, "Die and Retry", Marie Havel, Galerie Jean-Louis Ramand, Paris, février 2021, crédit photo : Marie Havel

Vue de l'exposition personnelle, "Die and Retry", Marie Havel, Galerie Jean-Louis Ramand, Paris, février 2021, crédit photo : Marie Havel

Vue de l'exposition personnelle, "Die and Retry", Marie Havel, Galerie Jean-Louis Ramand, Paris, février 2021, crédit photo : Marie Havel

Vue de l'exposition personnelle, "Die and Retry", Marie Havel, Galerie Jean-Louis Ramand, Paris, février 2021, crédit photo : Marie Havel

Vue de l'exposition personnelle, "Die and Retry", Marie Havel, Galerie Jean-Louis Ramand, Paris, février 2021, crédit photo : Marie Havel

tapis : "Tapis de jeux (4)", dessin imprimé sur tapis, 150 x 200 cm, 2020 (pièce unique), crédit photo : Marie Havel

tapis : "Tapis de jeux (4)", dessin imprimé sur tapis, 150 x 200 cm, 2020 (pièce unique), crédit photo : Marie Havel

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