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Publié par Pauline Lisowski

Conçu par Julien Strypsteen et Éric-Sébastien Faure-Lagorce, SINOPLE regroupe un studio et des collections d’œuvres et objets d’art. Ils sont touchés par des démarches d’artistes qui osent des collaborations et des expériences à partir de matières peu communes. Cette exposition invite à l’attention, à la curiosité et à développer un goût pour des matières et des éléments naturels. Les frontières entre art contemporain et design sont décloisonnées pour rendre visibles un soin, une technicité et une sensibilité envers le fait main ainsi qu’une transdisciplinarité. Les œuvres ici réunies sollicitent une expérience haptique, certaines notre odorat. Les créateurs s’attachent à révéler les qualités des matériaux parfois naturels qu’ils emploient.

Suite à leur première exposition, ils axent leur choix d’œuvres en s’intéressant aux notions d’espace et de paysages personnels. Nous parcourons le lieu d’exposition à la rencontre de formes qui semblent extraites de milieux, récoltées, collectionnées.

Cristaux de Léa Barbazanges nous fascine par le phénomène naturel auquel celle-ci renvoie. Charlotte Charbonnel, elle aussi regarde l’eau, ce qu’elle produit sur les roches et les autres éléments des territoires qu’elle explore.

En parcourant cette exposition, nous sommes attirés par les phénomènes incarnés par les œuvres. Celles-ci suscitent également un désir de connaître les techniques mystérieuses qui ont permis leur réalisation. Les pièces en robes de chevaux de Mongolie de Marion Chopineau, par sa technique de coiffure, font apparaître des lignes topographiques, des courants, des vagues ou des vents. Les dessins de François Réau convoquent un temps long de la contemplation d’un paysage, des arbres, des buissons, de la nuit. Les éclats de lumière qui les ponctuent créent un mouvement.

Le plaisir de l’observation, des sens, des souvenirs de contact de la nature grandit au fil de la découverte des travaux. Nous sommes tentés de les toucher, de nous en approcher pour saisir leurs textures et percevoir au mieux les gestes des créateurs. L’univers de Celia NKala est marqué par des références à l’art sacré, aux arts décoratifs et à une spiritualité incarnée dans les matériaux qu’elle emploie. Eternel retour est une ode au temps cyclique et s’apparente à un objet de rituel, à une arme ou à un fétiche. Des échos à l’architecture, à l’ikebana, au bambou et à la philosophie du Ma surgissent en prenant le temps d’apprécier le bassin composé de l’atelier Polyhedre. La lumière modifie la perception de l’installation Entre midi et 15h, pensée comme un cadran solaire de Paulus Marquet. Des branches d’arbres élancées deviennent des lignes qui répondent à l’architecture.

L’agencement de l’espace occupé par Sinople est aussi marqué par des pièces, mobiliers, boîtes et vaisselles réalisées avec une grande minutie et un choix d’essences de bois devenus rares. Prototype d’Hugo Haas Studio et Atelier Chatersen fait référence à la forêt, nom donnée à la charpente. Architecte et artisan d’art, ils créent pour cette exposition une table avec une économie d’énergie et de matière. Le châtaigner est à l’honneur dans la construction de cette table. Ce soin porté aux arbres se retrouvent dans les pièces d’Antonis Cardew. Réalisées à partir de bois de chantiers et en fin de vie, ces objets du quotidien sont d’une grande finesse.

Certaines œuvres se fondent dans l’architecture de l’espace choisi par Sinople pour les présenter. Cette exposition nous dévoile des œuvres qui témoignent de l’univers poétique de nombreux créateurs, entre art contemporain, artisanat, mobiliers et design d’objets.

Pauline Lisowski

LES BUISSONS, François Réau, 2019, mine de plomb et graphite, L. 76 cm, H. 56 cm, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

LES BUISSONS, François Réau, 2019, mine de plomb et graphite, L. 76 cm, H. 56 cm, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

ENTRE MIDI ET QUINZE HEURES, Paulus Marquet, 2020, acier patiné, H. 186 cm, L. 40 cm, P. 30 cm, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

ENTRE MIDI ET QUINZE HEURES, Paulus Marquet, 2020, acier patiné, H. 186 cm, L. 40 cm, P. 30 cm, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

BASSIN COMPOSÉ, Atelier Polyhedre, 2020, édition limitée et numérotée à 8 ex, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

BASSIN COMPOSÉ, Atelier Polyhedre, 2020, édition limitée et numérotée à 8 ex, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

ETERNEL RETOUR III, Célia Nkala, 2016, verre, terre, laiton, L. 80 cm, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

ETERNEL RETOUR III, Célia Nkala, 2016, verre, terre, laiton, L. 80 cm, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

CRISTAUX de Léa Barbazanges, 2017, cristaux, verre, l. 60cm, L. 60cm, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

CRISTAUX de Léa Barbazanges, 2017, cristaux, verre, l. 60cm, L. 60cm, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

BOITES, Antonis Cardew, 2020, noyer, poirier, frêne, olivier, zelkova, dimensions variables, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

BOITES, Antonis Cardew, 2020, noyer, poirier, frêne, olivier, zelkova, dimensions variables, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

COURANT, Marion Chopineau, 2019, peau sculptée, L. 170 cm, l. 95 cm, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

COURANT, Marion Chopineau, 2019, peau sculptée, L. 170 cm, l. 95 cm, crédit photo : Anthony Girardi pour Sinople

PROTOTYPE, Hugo Haas Studio et Atelier Chatersen, 2020, châtaignier, L. 175 cm, l. 75 cm, H.75 cm éd. 5 + 3 EA + 1 P, crédit photo : Anne-Sophie Auclerc pour Sinople

PROTOTYPE, Hugo Haas Studio et Atelier Chatersen, 2020, châtaignier, L. 175 cm, l. 75 cm, H.75 cm éd. 5 + 3 EA + 1 P, crédit photo : Anne-Sophie Auclerc pour Sinople

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