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Publié par Pauline Lisowski

Exposer au Prieuré Pont-Loup relève d’une confrontation à la puissance de l’architecture et de l'esprit qui y règne. Pour sa 6ème édition, l’association Le Mur propose le thème de l’enfance. Virginie Prokopowicz, commissaire chargée de la programmation, invite sept artistes à s’emparer de ce sujet vecteur de contractions, là où se jouent l’identité future, la construction physique, psychologique, sexuelle, le contexte familial et la découverte de l’extérieur.

1, 2, 3 soleil ! le titre fait écho au jeu, telle une ritournelle pour évoquer les diverses phases de ce moment de la vie, d’une étape à une autre. Des œuvres s’immiscent sur les murs du Prieuré, prennent place dans des espaces lumineux tandis que d’autres s’insèrent directement dans l’architecture, invitant à regarder en hauteur et indiquant le chemin.

Les moulins à vent monumentaux de Lise-Adèle Groussin nous accueillent et nous guident, telle une initiation vers les différents passages que proposent chaque œuvre. Ses cerfs-volants noirs et blancs se sont arrêtés dans la nef, nous incitant à regarder dans les recoins du bâtiment.

L’installation Mikados de Barbara Kairos renvoie à la fois à un jouet et au carottage. Les matières qui composent ces mikados géants font écho à celles du lieu. Cette œuvre, dont les matériaux proviennent d’œuvres anciennes, suscite une sensation de basculement.

Les photographies de Louis Jammes présentent des grands portraits, surgissement de personnages marqués par des histoires difficiles. Ses images parlent de violence, de corps meurtris, d’une existence chamboulée et dont l’individu est marqué.

Les toiles de Magdalena Lamri ponctuent de couleurs le parcours de visite. Elles montrent des personnages de jeune fille dans un univers de rêve, une enfance à la fois de gaité et de mélancolie.

La vidéo de Brigitte Reboux et Pascal Pinon réunit une multiplicité de références de dessins d’animations, une diversité de techniques pour évoquer les questions des enfants face à l’environnement, leurs peurs, la famille, les rêves et les enjeux liés à l’actualité de notre société.

Aux murs, les peintures de Corinne De Battista dévoilent des portraits d’enfant qui paraissent nous regarder. Extraits de leur contexte, leur visage ressort de la matière picturale. Leur attitude rappelle celles d’enfants sages, modèles, ici comme provenant d’une autre époque.

Au cœur du Prieuré, les sculptures de Lionel Sabatté sont entre vie et mort, squelette et chair et convoquent à la fois un temps ancien, un art rupestre et une renaissance de bêtes disparues. Elles attirent, intriguent et repoussent le regard, telles des présences poétiques qui conduisent tout autant à l’émerveillement et qu’à la crainte.

La Mascarade, une série de masques de Barbara Kairos ont pris l’empreinte d’objets. Ils font penser à des ballons gonflables trouvés, ruines de jouets restaurés. Le masque fait disparaître l’individu au profit d’autres personnages, déguisement et rituel. Une tension émane de ces œuvres, entre mouvement et fixité.

Cette exposition invite ainsi à se remémorer des souvenirs de l’enfance, une étape qui marque la construction de chaque individu. Si le sujet peut amener une certaine légèreté, il conduit aussi à refléter une gravité, des moments qui peuvent être très heureux et à l’extrémité très douloureux. Les œuvres répondent à l’architecture du Prieuré et proposent une redécouverte de ses murs chargés d’une mémoire.

Une exposition à découvrir au Prieuré de Pont-Loup à Moret-Loing-et-Orvanne, jusqu'au 26 mai

1, 2, 3 soleil, une exposition collective sur l’ambiguïté de l’enfance
1, 2, 3 soleil, une exposition collective sur l’ambiguïté de l’enfance
1, 2, 3 soleil, une exposition collective sur l’ambiguïté de l’enfance
1, 2, 3 soleil, une exposition collective sur l’ambiguïté de l’enfance
1, 2, 3 soleil, une exposition collective sur l’ambiguïté de l’enfance

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DE BIASI Sylvie 20/05/2019 21:50

Beau texte !

DE BIASI Sylvie 20/05/2019 21:50

Beau texte !