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Publié par Pauline Lisowski

Cédric Jacquillard compose ses peintures au fur et à mesure de ses intuitions, d'images, d'histoires qui lui viennent. D'un premier élément, naît comme le devenir d'une architecture. Puis, de cet espace, il lui vient la possibilité d'une suite, d'une nouvelle composition. L'artiste joue sur les contrastes de couleurs, d'intensité lumineuse et de textures picturales. Il crée des effets de profondeur, des vides, des percées, un environnement où se mêlent différentes perspectives et points de repère. Sa composition met en tension l'équilibre et le mouvement. L'apparition d'un nouvel élément pourrait tout faire vaciller. Le regard du spectateur est d'abord attiré dans l'espace au premier plan, invité à rentrer dans un paysage. Et d'une ouverture à une autre, il se promène et se laisse perdre comme dans un labyrinthe.

De plus, au fil de ses gestes de peintre, Cédric Jacquillard perçoit là où il peut jouer les rapports d'échelles, d'équilibre et de contraste à la fois. Des scènes, parfois d'une extrême puissance, s'imbriquent entre elles. Des personnages y effectuent des gestes surprenants ; ils sont comme pris dans une action, venus d'images hors du temps. Les récits s'interpénètrent et plusieurs espaces-temps se croisent. Des références à l'histoire de l'art, à l'architecture, à des espaces réels ou imaginaires se révèlent au fil de la lecture de la toile. Comme dans un collage, ensemble ces instants s'offrent également comme des énigmes aux spectateurs. Les ouvertures l'invitent à tisser les liens entre les espaces et à se raconter ses propres récits. Cédric Jacquillard cherche en effet à laisser la peinture comme un livre ouvert aux interprétations. Si certaines de ses toiles imposent une force, une certaine vivacité qui troublent le spectateur, d'autres suggèrent aussi des espaces en devenir et l'incitent à la rêverie.

Au LEM, trois grandes peintures ont trouvé leur juste place. Installées quasi au ras du sol, leur caractère monumental et théâtral se révèle. Visibles depuis la rue, quand les fenêtres sont ouvertes, éclairées par un jeu de lumière, elles attirent le regard, tels des décors de théâtre. Cet espace permet aussi une expérience esthétique d'autant plus forte : Les peintures s'imposent aux spectateurs et il peut s'y sentir fragile, comme face à l'immensité d'un monde où tout peut basculer.

Une exposition à découvrir dans le cadre des 6 week-ends d'art contemporain à Nancy

le week-end du 6-7 août au LEM, Lieu d'Expérimentation Marionnette, Nancy

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