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Publié par Pauline Lisowski

Mathieu Bonardet développe un travail plastique entre dessin et performance. Pour lui, la surface du papier est comme un territoire à explorer. En se mesurant à ce support, il expérimente des gestes plus ou moins rapides. Il prend comme point de repère l'échelle de son corps pour tendre vers la verticalité et l'envolée vers le haut. Il déplace ainsi l'horizon et propose au spectateur de nouvelles expériences de regard.

À la galerie Gradiva, le jeune artiste dévoile de nouvelles œuvres de tous formats. Il compose ses dessins par un délicat et long travail à la mine graphite. Au fur et à mesure de l'application de cette matière, des dégradés, de doux contrastes se créent. Par cette technique, il laisse venir la lumière et les formes, les percées et la profondeur apparaissent. Ainsi, dans ces espaces, le spectateur peut laisser fuir son regard. Chaque dessin suggère un temps de marche, un potentiel déplacement. Il renvoie au temps passé à parcourir de grands paysages. Il évoque également l'envie d'une traversée vers un horizon. De même, le spectateur peut ressentir une possible continuité, le désir d'aller au delà, de voir plus loin. Certains travaux l'amènent également à imaginer des constructions à venir.

Mathieu Bonardet a composé son exposition en s'inspirant des volumes du lieu. Ses travaux jouent avec l'espace et en transforment sa perception. Cette mise en scène renforce l'expérience perceptive d'une plongée vers l'infini. Il s'est même servi de la hauteur de la galerie : un grand dessin suspendu donne l'impression d'une continuité et incarne les possibilités de transformation. Le spectateur peut saisir l'énergie que l'artiste a éprouvé au fur et à mesure de l'élaboration de son dessin. Des volumes sont également présentés et dialoguent d'autant plus avec l'environnement et en modifient les limites.

Cette exposition propose ainsi diverses expériences esthétiques au spectateur. Il est incité à aiguiser son regard et à imaginer de possibles paysages. Son titre « Replis » renvoie au pli qui se rabat vers l'intérieur de la surface du papier. Chaque œuvre contient son propre espace qui se rétracte et contraste alors dans l'immensité du lieu qui l'accueille. Mathieu Bonardet est allé encore plus loin dans sa recherche plastique sur l'inscription de l’œuvre in situ.

À découvrir absolument jusqu'au 20 juillet à la galerie Gradiva, Paris.

Copyright : Mathieu Bonardet
Copyright : Mathieu Bonardet
Copyright : Mathieu Bonardet
Copyright : Mathieu Bonardet
Copyright : Mathieu Bonardet
Copyright : Mathieu Bonardet
Copyright : Mathieu Bonardet

Copyright : Mathieu Bonardet

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SYLVIE DE BIASI 19/07/2016 12:01

Très intéressant!