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Publié par Pauline Lisowski

"Double séjour", nom du lieu et de l'association suscite déjà l'idée d'un projet insolite : Thomas Havet a fait du salon de son appartement un lieu d'exposition. Après une première proposition, ce jeune architecte a amené encore plus loin son concept. Avec "Sous un soleil à briser les pierres", il a invité une vingtaine d'artistes à investir son salon. L'espace à vivre est transformé en une sorte d'atelier ou d'espace de collection dans lequel les œuvres s'entremêlent. L'exposition prend pour point de départ le spleen de Baudelaire, "J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans". Thomas Havet est parti de cette idée d'accumulation, d'inventaire, de traces qu'on garde, de la nostalgie du temps qui passe, pour construire son projet. Il a voulu recréer l'ambiance d'un lieu en attente, où au fil du temps se seraient entassés des meubles et des objets. Une étrange lumière ajoute à cette atmosphère, un écho au passage de l'été, "saison mélancolique, propice au spleen" pour l'architecte.

Cette exposition fut l'occasion pour certains artistes de réaliser des œuvres spécifiques. Des interactions et jeux de superposition sont nées également de la rencontre entre plusieurs travaux. Le mobilier sert de support à des sculptures comme Soak d'Emilie Duserre. La pièce composée de modules s'inscrit subtilement dans la bibliothèque et une vidéo est y projetée. L'installation in situ de Romain Vicari occupe l'espace telle une structure architecturale. La bibliothèque qui divise l'espace accueille l'installation de Matthieu Raffard. L'artiste a choisi d'y agencer pierres, dessins, photographies et éléments d'encadrement. Cette proposition suggère un état de création en suspens. Romain Métivier y a aussi conçu une œuvre spécifique et un bel écho se crée. Plusieurs travaux s'entremêlent et de ces contacts se créent des installations. D'autres posés à même le sol composent une sorte de paysage baigné dans la lumière que laisse passer Plateau-store de Ludovic Sauvage. Ces mises en relations, parfois par le jeu du hasard, produisent ainsi une œuvre globale.

Ce projet relève d'un regard d'architecte, de choix esthétiques portés sur la création in situ. Il suscite une réflexion à la fois sur l'habitat, nos façons d'investir un lieu ainsi que sur les pratiques curatoriales. À partir d'un petit espace, de multiples et diverses propositions de rencontres artistiques peuvent s'établir. Ce principe d'exposition ouvre divers champs d'aménagement, de scénographie et d'ambiances possibles.

"Sous un soleil à briser les pierres", une exposition à découvrir encore ce dimanche de 11h à 17h.

copyright : Thomas Havet
copyright : Thomas Havet
copyright : Thomas Havet

copyright : Thomas Havet

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