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Publié par Pauline Lisowski

Harold Guérin s'intéresse aux outils de mesure du territoire. Il réalise des installations qui se greffent à l'architecture. Celles-ci créent des passages, sortes d'obstacles pour le visiteur. Il interroge aussi les éléments physiques et les réactions qu'ils produisent. Suite à une résidence à la Roche-sur-Foron (Haute-Savoie), durant l’automne 2015, il a conçu des pièces qui viennent à la fois en résonance au territoire et renvoient à des lieux éloignés.

Il a créé une œuvre in situ : Des mètres rubans insérés dans des volutes, élément structurel et de décoration architectural descendent le long d'un mur jusqu'au sol. L'installation se fond dans l'espace, le redessine et le découpe. Une photographie de montagne se perçoit comme une fenêtre ouverte sur le territoire. Harold Guérin y a découpé des formes de pas et des tongs sont posés au sol. L’œuvre fait écho aux paysages qui attirent le touriste. Sur une étagère, sont installées d'étranges formes qui font penser à des sortes de viseurs : Focus évoque les prélèvements géologiques réalisés par l'artiste durant ses voyages en Europe. Dans cette série de pièces, se concentrent à la fois le temps de la captation photographique quasi-instantanée et le temps de sédimentation visible dans la succession des couches des carottes géologiques qui peut prendre des millions d'années.

Les objets de mesure ou de captation des éléments naturels sont détournés pour mettre en évidence nos façons de nous approprier le territoire. Perspective du repli invite le visiteur à faire l'expérience du paysage urbain à travers une chambre photographique. L’œuvre présente le paysage sous de nouvelles perspectives. La série Traffic Twist Around présente des cartes du réseau routier polonais transformées. Harold Guérin se les ai approprié, créant par le pliage, l'effet d'un tourbillon. La série Abrasives est née d'une attention à la construction, à la précarité des bâtiments. Ses grattages sur papier de verre font voir comme des nuages ou d'autres phénomènes naturels. Par ce geste, l'artiste tente de fixer un état de transformation de l'urbanisme. Une petite maison en bambou de type tropicale attire le spectateur et l'intrigue. Les pilotis de la maquette reposent sur les objectifs de petits appareils photo de touristes. Cette sculpture se distordant, évoque comme un tremblement de terre. Elle suggère l'architecture précaire de la maison. Ces œuvres sont dans une sorte d'entre-deux, dans une forme d'instabilité.

Harold Guérin livre ainsi des pièces qui résultent d'expériences de voyage. Il interroge le rapport au paysage et l'extension de l'urbanisme.

Une exposition à découvrir jusqu'au 4 mars.

copyright : Pauline Lisowski
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