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Publié par Pauline Lisowski

Boris Chouvellon a une démarche de paysagiste et d'urbaniste : Il parcours des espaces frontières, des zones périphériques, à l'abandon, y puise des détails, des signes, des éléments caractéristiques de leur occupation. Suite à ses explorations, les objets et matériaux récupérés deviennent sa matière pour créer des structures, souvent in situ et à l'échelle d'un paysage. Celles-ci évoquent à la fois un univers onirique, poétique et fragile.

Son exposition à la galerie Virginie Louvet lui offre l'occasion de concevoir une œuvre in situ : Une grande rue, en béton, où sont accrochés deux objets du quotidien, une poussette d’enfant et une tondeuse à gazon. On peut y voir une sorte de ruine d'un manège de parc d'attraction.

Des maquettes de ses sculptures monumentales sont disposées sur des tables basses en marbre noir et blanc. Ce contraste entre les matériaux suggère un possible fossé entre les disponibilités, les richesses des territoires. Ces œuvres évoquent de possibles constructions, déjà usées, marquées par le temps, à la limite de s'écrouler. Sur des étagères, des pièces récentes intriguent : une série de curieux objets semblent avoir vécus, comme récupérés suite à une catastrophe. La vidéo Primaire, secondaire, tertiaire témoigne d'une de ses expériences d'exploration d'un site. On le voit dans un amoncellement de pneus, en train de tenter inlassablement d’attraper des enjoliveurs de roue de voiture.

L'idée du cycle et d'un mouvement absurde traverse l'exposition. Les œuvres attirent et repoussent à la fois. L'artiste met ainsi en éveil le spectateur sur l'état de la société, mondialisée, où tout est déjà possible future ruine.

Une exposition à découvrir absolument jusqu'au 3 mars.

Pauline Lisowski

copyright : Emilie Mathé Nicolas
copyright : Emilie Mathé Nicolas
copyright : Emilie Mathé Nicolas
copyright : Emilie Mathé Nicolas

copyright : Emilie Mathé Nicolas

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