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Publié par Pauline Lisowski

Miroir ô mon miroir, ce titre fait tout de suite écho aux contes de fée. L'exposition, proposée au Pavillon Carré de Baudouin est construite selon des chapitres, comme un récit. Elle invite le spectateur à un voyage, à vivre une histoire et à faire l'expérience d’œuvres qui évoquent l'interdit, les épreuves ou font tout simplement rêver. Au fur et à mesure, celui-ci comprend ce qui se cache derrière ces histoires et leurs représentations, qui se perpétuent.

La Forêt d'Éva Jospin fonctionne tel un décor ou un seuil à franchir avant de rentrer dans le monde magique : une sorte de forêt de cartons est la source d'une confusion, là où la réalité semble trouble et où tout peut arriver. La vidéo Le Hameau de Bertille Bak plonge le spectateur au cœur d'une forêt alsacienne où vivent des chasseurs. Elle révèle cette figure proche de la nature dans le conte. La nuit est également un moment qui évoque les épreuves que subit le héros. Captivité de Laurent Pernot présente une cage qui contient un croissant de lune en néon. Cette œuvre renferme de multiples références aux contes. Le visiteur commence une forme de parcours semé de surprises. Miroir fuyant de Thomas Cimolaï le surprend en captant son regard. Il évoque le miroir magique, très présent dans les contes. Les sculptures de Lionel Sabatté, elles, font écho à certaines histoires. Ce premier chapitre se referme sur l'évocation des esprits de la nature avec la série de dessins Les Trognes de Chloé Poizat.

Une salle est composées d’œuvres qui rappellent les espaces défendus, ces lieux qui incitent à rentrer et où se cachent nombreux mystères. Les peintures de Damien Cadio montrent des salles à l'atmosphère mystérieuse. Trousseau de Laurent Pernot, des clés gelées dans la neige, ajoute à cette ambiance inquiétante. Dans l'escalier qui nous conduit à poursuivre notre chemin on peut lire les mots d'Éric Pougeau, Mes Chéris et Mon amour. Ils renvoient aux relations parfois ambigües entre parents et enfants.

L'animal est bien sûr présent, avec notamment Constellation de la Biche II de Julien Salaud. Couverte d'un réseau de fils perlés et de clous, le vif animal semble figé. L'artiste réactive une croyance ancienne et toutes les symboliques qu'il incarne.

L'exposition se termine en nous rappelant que les contes se réfèrent toujours au réel. Les artistes mettent également en lumière comment nos sociétés les récupèrent dans un but commercial. Si Paul Souviron, avec Another Lost Fairy Tale, un puzzle qui montre une licorne dans un univers hétéroclite, démystifie le conte, d'autres artistes vont jusqu'à interroger, dans une perspective critique, les personnages de contes de fée. Pilvi Takala s'est déguisée en Blanche-Neige pour tenter de pénétrer dans Disneyland et dévoile la machinerie et la tromperie de ce parc d'attraction. Caroline Delieutraz dans l'image Blanche Neige décryptée présente le résultat d'une enquête sur la figure de Blanche Neige. Elle révèle comment ce personnage est devenu peu à peu notre mythe contemporain.

Avec cette exposition, l'extension, laboratoire de recherches et d'expérimentations sur l'art actuel, propose ainsi une réflexion sur les contes. Ceux-ci sont ancrés dans une mémoire commune et forgent l'identité de territoires tout comme ils construisent un imaginaire individuel et collectif. La résurgence des motifs et thèmes dans les œuvres d'artistes contemporains est mise en évidence. Celles-ci nous transportent dans un univers entre rêve, enchantement et cauchemar. On peut comprendre également cette exposition dans la perspective de la psychanalyse des contes de fée de Bruno Bettelheim : elle véhicule les épreuves de la vie au quotidien.

Une exposition à découvrir absolument jusqu'au 23 mai.

Miroir ô mon miroir, une exposition qui nous transporte dans l'univers des contes de fées
Miroir ô mon miroir, une exposition qui nous transporte dans l'univers des contes de fées
Miroir ô mon miroir, une exposition qui nous transporte dans l'univers des contes de fées

Commenter cet article

therese 04/05/2015 11:43

Super cette expo, on a envie d'aller la voir. C'est comme dans un rève avec le petit bois, et les

arbres fantomatiques!..........

Merci pauline de nous montrer tout ça !............

Jacques Walczak 04/05/2015 10:15

Bravo pour ce bel article qui donne "des ailes au rêve" et envie d'y aller voir !
Puis-je le rediriger sur notre blog ?
Merci et bises.

Le corridor 04/05/2015 20:13

Je vais de suite le faire !
Bien sûr, j'irai voir l'exposition et ferai un article sur l'exposition au Corridor