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Publié par Pauline Lisowski

JG, le nouveau film de Tacita Dean : célébration de la Spiral Jetty à la galerie Marian Goodman, Paris

Plus que quelques jours pour découvrir le nouveau film de Tacita Dean et l'ensemble d’œuvres qui l'accompagnent à la galerie Marian Goodman.

Tacita Dean amène son regard sur la Spiral Jetty, œuvre mythique de Robert Smithson. Celle-ci continue d'exercer une fascination pour l'artiste qui commença à s'y intéresser en 1997. Lors d'un voyage, elle est partie à Rozel Point pour voir l’œuvre du land art mais n'est jamais parvenu à la localiser. Elle nous a tout de même livré une pièce sonore intitulée Trying to Find the Spiral Jetty. Elle est allé jusqu'à échanger avec l'écrivain J. G. Ballard, grand admirateur de l'artiste. Et ce rapprochement entre l'écrivain et l'artiste l'a conduit à évoquer la Spiral Jetty en relation avec le récit de science-fiction de Ballard. D'où le titre du film, hommage à l'auteur et à la jetée de Smithson.

Le film anamorphique retraduit la vision du temps anthropique et cyclique, à l'image de la spirale de Smithson. En utilisant une combinaison d'images de paysages de lacs salés, tournées dans plusieurs sites naturels des états de l'Utah et de Californie, Tacita Dean rejoue la Spiral Jetty. La spirale est prétexte à filmer du temps. Et si la vision du cycle est bien marquée par les images de paysages pris à différents moments de la journée, l'artiste y ajoute aussi l'image de l'horloge. Dans cette boucle, les cadrages de paysages évoquent les Sun Tunnels de Nancy Holt, compagne de Smithson. Tacita Dean a trouvé le moyen de juxtaposer plusieurs films pour fournir une image kaléidoscopique. Elle nous raconte un voyage dans un temps qui se dédouble sous nos yeux et va jusqu'à nous ramener au temps géologique, rappelant ainsi l'intérêt de Smithson pour le temps et la nature, entre microcosme et macrocosme.

Au rez-de-chaussée, un ensemble d’œuvres montrent les paysages de lacs salés. Une photographie monumentale en dix parties d'un paysage de roches (photo ci-dessus) invite le spectateur à imaginer un possible paysage où la nature a dessiné des formes énigmatiques d'une surprenante beauté. À ce projet de traduire la beauté naturelle, Tacita Dean a associé cartes postales trouvées et objets recouverts de cristaux de sel du Grand Lac Salé pour créer un ensemble documentaire en écho à sa vidéo.

Elle met ainsi en place une correspondance entre un désir de rapporter ce que façonne la nature dans le temps et son approche d'une œuvre maintes fois exposée. La Spiral Jetty sert ici de prétexte à la création, devenue motif dans une œuvre qui interroge la perception du paysage.

JG, un film et des œuvres à découvrir jusqu'au 1er mars à la galerie Marian Goodman, Paris

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