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Publié par Pauline Lisowski

"Une exposition - un événement" constitue le 3e mouvement du programme intitulé "Suite pour exposition(s) et publication(s)". Mathieu Copeland propose de réfléchir sur l'exposition, son image, sa représentation et son catalogue. Au travers des quatre mouvements, le mot est envisagé comme point de départ d'un développement sur son image, sa lecture et ses potentialités futures.

Pour ce troisième mouvement, le jeune commissaire d'exposition envisage le moment où l'oeuvre fait événement et se joue ainsi de l'exposition, de sa présentation en tant que telle. Mais l'événement peut être aussi le non-événement : les œuvres pouvant être des actions réalisées au sein de très petits espaces, morcelées dans le temps et dans l'espace, des gestes infimes, ou bien difficilement lisibles et visibles.

Pour cette exposition, Mathieu Copeland a choisi de présenter des projets de trois artistes Mieko Shiomi, Tim Etchells et Maria Eichhorn. Dans la première salle, on peut découvrir la suite de neuf "Poèmes spatiaux", proposé par l'artiste fluxus Mieko Shiomi. Ceux-ci sont articulés autour de petits événements, effectués en même temps et aux quatre coins de la planète. A fluxatlas présente la position de chacun des intervenants à une heure donnée. A fluxcalender est un calendrier de toutes les performances. L'autre projet de l'artiste Events & Games se compose d'une série de cartes qui proposent de réaliser des petites interventions dans l'environnement. Ainsi, les spectateurs, invités à lire ces invitations rejouent les actions passées. Tim Etchells, cofondateur du collectif Forced Entertainment s'intéresse à la manière dont la lecture est propice à générer un événement. Ses Fight Posters ("Affiches de combat") nous annoncent des combats imaginaires, improbables qui font référence aux conflits sociaux et politiques non résolus et à d'autres rivalités médiatiques. Le dessin mural Let Go ("Lâcher prise") nous indique trois fois la même phrase et se termine par LET IT GO : l'artiste répétant une ritournelle afin de réaliser l'acte ou souhaitant faire agir le spectateur. Le dramaturge et chorégraphe explore les qualités du langage et de l'écrit propres à susciter des actions. Maria Eichhorn, elle fait de l'institution muséale un médium et interroge sa logique et le fonctionnement de l'exposition. Sur la façade du musée du Jeu de Paume, elle a créé une œuvre quasi illisible : elle a peint blanc sur blanc et en léger relief 1 place de la Concorde, 75008 Paris. Par cet acte, elle indique à la fois le lieu de l'exposition et son adresse, l’œuvre restant pourtant à l'extérieur de l'enceinte du musée. Pour son projet Entrée gratuite, elle a utilisé les fonds de la production qui lui sont donnés pour proposer un nombre restreint de billets gratuits au public. Cette artiste opère une critique de l'institution et montre la fragilité de ce système où l'événement de l'exposition peut ou ne pas avoir lieu.

"Une exposition - un événement" nous inscite à réflechir sur le statut de l'exposition. Mathieu Copeland l'envisage alors dans son développement comme un matériau qu'on peut construire et fragmenter. L'exposition peut être conçue, selon lui, comme un événement, morcelé dans le temps et dans l'espace.

Une exposition à découvrir jusqu'au 1er septembre, au musée du Jeu de Paume, Paris

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